TERRE DE MÉMOIRES s’installe en salle 115 au collège Marc Seguin. Une exposition qui retrace le chemin d’un travail artistique mené depuis septembre 2025 par Lisèle avec des élèves de la maternelle au collège : l’école maternelle et primaire Camille Saint-Saëns, l’école Maria Callas et le collège Marc Seguin, en collaboration avec Madame Rimbert, professeure d’arts plastiques.

Près de 600 élèves et enseignants ont été recrutés pour intégrer ALF Factory, une usine fictive, et pourtant bien réelle, produisant des allumettes brûlées en terre.
Le projet démarre par le recrutement des ouvriers par ALF Factory.
Objectif : La quantité. Obtenir le plus d’ouvriers dans le registre.
ALF Factory est une usine qui exploite la terre pour produire des objets.
Des objets façonnés en masse, reproduits, rejetés, accumulés.
Ils deviennent alors des traces, des vestiges à observer, à questionner, à ritualiser.
L’usine organise les gestes, distribue uniformes, outils et matricules.
L’humain élève devient machine. Le système peut alors se construire.
Durant la semaine du 7 novembre 2025 tous les élèves du collège ont été invités à participer à une performance guidée par Lisèle, accompagnée de madame Rimbert. Le cours d’Arts-Plastiques devenait durant une heure l’intégration dans l’usine ALF Factory. Les élèves, des ouvriers, mais aussi des artistes acteurs de leur propre performance. Combinaisons, travail à la chaine, bruit blanc, luminosité restreinte, supérieur exigeant, production intense, chant ouvrier, tout était fait pour donner vie à cette usine et se mettre dans le rôle d’un ouvrier. À la manière de Simone Weil et de son célèbre Journal d’Usine, les élèves seront ensuite invités à écrire le leur.

À travers ce dispositif c’est la mémoire du geste répété qui est interrogée : celle du travail collectif, de l’apprentissage, des expériences partagées.
Les allumettes consommées sont entassées.
Le tas de déchets grandit.
La production s’accumule.
Le collectif se construit.
Les symboles sont essentiels dans mon travail : nous explorons la forme triangulaire, le feu, la terre, le regard, le cycle : construction, destruction, transformation et le temps.
Lisèle invite à ouvrir les yeux sur le territoire, sur l’histoire mais aussi sur l’actualité, sur l’intime comme sur le collectif.
Depuis Saint-Étienne, sa terre natale, elle a vu surgir ces collines noires, rouges, vertes.
Elles apparaissent entre les rues, les toits, les fenêtres.
Des volcans, seulement dans la tête des enfants.
Des montagnes qui n’en sont pas vraiment.
Des pyramides et autres mots alléchants.
En vérité, ce sont des crassiers.
Et ce sont eux qui ont appelé.
Une terre-poubelle devenue belle.
Passée de stérile à super fertile.
Bientôt, les acacias auront mangé le sommet et une nouvelle vision du territoire prendra effet.
Le projet s’attaque à des sujets tels que l’héritage ouvrier, la production minière, l’immigration, la production et la consommation.
Ce sont les élèves de 6ᵉ qui travaillent sur le projet à long terme.
Ils suivent l’ensemble du processus et font le lien entre toutes les intégrations d’ouvriers. Un lien entre la primaire et la fin du collège.
Ils participent à la construction de l’exposition dans sa globalité, de la production des objets jusqu’à leur mise en espace.
TERRE DE MÉMOIRES est un travail pluridisciplinaire mêlant céramique, performance, écriture, son et image.
Un travail nourri par des archives cinématographiques et littéraires, la presse, la photographie, des visites au Musée de la Mine,
et par des rencontres précieuses, comme celle de Fernand Fraisse, ancien mineur de fond à Couriot.
TERRE DE MÉMOIRES, c’est le désir de faire passer les sujets et les objets de l’ombre à la lumière.
De poser des questions. D’ouvrir les yeux.
De considérer le passé pour interroger le présent autrement.